Le musicothérapeute est avant tout un thérapeute

Publié le 1 juillet 2026 à 06:52

On ne devient pas musicothérapeute pour l'attrait du gain ou d'être bien vu en société. 

Devenir musicothérapeute demande de s'engager dans une démarche de travail sur soi qui ne s'arrête jamais. C'est accepter de se remettre en question quelque soit son âge ou son expérience. 

Être musicothérapeute c'est être passionné par l'humain et la relation à l'autre.

Voilà l'extrait d'un article que je trouve très intéressant 👇

" Le musicothérapeute n’est pas là pour déclencher sur commande des émotions, ni pour créer un conditionnement, ou une dépendance à la musique (en musicothérapie, il n’est pas question de pharmacopée musicale, mais d’éveil, de présence à vivre, d’élargissement du sens, de résonance).

Une solide formation est indispensable pour mettre en œuvre une véritable action thérapeutique, à partir du support sonore et musical. Le musicothérapeute est avant tout, un thérapeute, c’est-à-dire une personne qui a engagé un travail de fond sur soi, sur sa propre résonance au monde sonore et à la musique, et sur la compréhension de sa propre mise en jeu dans le registre corporel qui est sollicité en permanence dans l’action thérapeutique en musicothérapie.

En effet, sans la médiation de l'engagement corporel, les Sujets les plus démunis seraient privés d’un champ infini d’émotions nécessaires à leur équilibre psychique, et à la conservation de leur motivation vitale. L’émotion est une expérience vitale pour la relation, elle constitue le socle de la communication humaine.

Entreprendre une formation de musicothérapeute, c’est vouloir assumer sa propre histoire, inscrite dans son corps, dans sa voix, dans son langage. C’est aller vers la compréhension de ce qui nous véhicule dans le sens, dans la présence à nous-même. Le travail sur l’écoute de soi est le passage obligé pour une véritable écoute de l’autre. Ecouter l’autre, c’est ne pas le définir, c’est lui donner un espace pour qu’il se sente exister, c’est lui donner sa place pour qu’il puisse affirmer sa différence, exprimer sa force, comme sa vulnérabilité, sans aucune trahison de soi, ne se sentant pas jugé, mais reconnu.

Dans ce type de travail, à l’évidence, le musicothérapeute doit avoir d’abord éprouvé lui-même, de façon très pointue, ses propres écrans défensifs, ses propres résistances ancrées dans le corps / afin de pouvoir affronter tout ce qui peut le « remuer » dans sa relation au Sujet.

Le musicothérapeute doit savoir où il en est lui-même, de son propre corps, de sa respiration, de sa voix, de son regard, de son toucher, de sa vulnérabilité, de sa force, de ses émotions / savoir aussi, où il en est avec le bruit, le silence, avec la vie, avec la mort.

C’est uniquement dans ces conditions que les mises en jeu dans le registre corporel permettront progressivement au Sujet de retrouver réellement le sens de ce qu’il a de meilleur en lui.

On ne s’aventure donc pas musicothérapeute, on se forme, et on se forme encore et en-corps ! "

p.38 et 39 Musique – Thérapie – Communication n°78 - LA MUSICOTHÉRAPIE EN RÉPONSE AUX BESOINS ESSENTIELS DES PERSONNES LES PLUS DÉMUNIES, Roland Vallé

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